Commémorer 14-18 : « L’impact de la Première Guerre mondiale sur l’évolution du Droit International : Les juristes belges ». 2013-2019.

L’impact de la Première Guerre mondiale sur l’évolution du Droit International : Les juristes belges

 

 

Partant de l’expérience des violences ayant marqué l’invasion et l’occupation de la Belgique ainsi que de l’échec du droit international pour enrayer ou même simplement humaniser la guerre, cette recherche tend à démontrer l’impact de la Belgique sur l’évolution des relations internationales depuis la Première Guerre mondiale. En s’intéressant, entre autres choses, aux actions entreprises dans l’entre-deux-guerres pour corriger les lacunes du droit international, cette étude s’interrogera particulièrement sur le rôle des juristes belges et l’influence de leur expérience de la Grande Guerre sur leurs prises de position dans l’élaboration du droit international. Cette recherche sera menée par trois doctorants et se clôturera par un colloque international.

 

 

Descriptif du projet

 

La Première Guerre mondiale est un moment fondateur du droit international. En effet, en raison des violences sans précédent qui la caractérisent, elle pose la question de l’utilité de ce droit et de son effectivité.

 

Le présent projet de recherche propose de se pencher sur l’apport des juristes belges sous trois angles différents.

 

Pour commencer, celui de l’impact de leur vécu particulier (au front, en exil ou en pays occupé, appartenant tous à un petit pays agressé par un grand voisin et quelque peu marginalisé à l’heure de la victoire) sur leurs conceptions du Droit International sous ses différents aspects.

 

Ensuite, sous l’angle de leur originalité doctrinale qui orientera la construction du droit international à venir. 

 

Enfin, il convient de rappeler que si la Grande Guerre est qualifiée de guerre mondiale, c’est avant tout parce que les principaux Etats belligérants, qui étaient européens, ont entrainé dans le conflit leur empire colonial. Dès lors, il est indispensable de déterminer ce qu’a été l’expérience de la Première Guerre mondiale dans un contexte belgo-congolais, la manière dont le conflit a affecté le Congo ainsi que l’impact de la Première Guerre mondiale sur la gestion métropolitaine de celle-ci. Cette recherche est également axée sur les juristes belges et leur rôle et l’influence de leur expérience de la Grande Guerre sur leurs prises de position dans l’entreprise coloniale léopoldienne et belge. Ainsi la Grande Guerre invite à s’interroger sur la nouvelle donne coloniale qu’elle introduit.


Les promoteurs du projet

Thomas Berns

Mail : tberns[at]ulb.ac.be

Centre de recherche en philosophie

 

Thomas Berns est professeur de philosophie politique et d’éthique à l’Université Libre de Bruxelles et directeur du PHI-Centre de recherche en philosophie de l’Université Libre de Bruxelles. Ses travaux actuels portent sur l’histoire de la pensée politique et sur les nouvelles formes de normativité et de contrôle statistiques. Parallèlement, il travaille aussi sur la question de la guerre en philosophie, qu'il s'agisse de philosophie des relations internationales, ou d'une approche plus globale de la prise en considération du conflit par la philosophie.

 

 

Philippe Raxhon

Mail : p.raxhon[at]ulg.ac.be

Centre de recherches sur la transmission de la mémoire

 

Philippe Raxhon est professeur ordinaire à l’Université de Liège et chercheur qualifié honoraire du FNRS. Il est aussi Président du CTM, Centre de Recherches et d’Etudes sur la Transmission de la Mémoire. Il enseigne, entre autres, la critique historique, l’histoire des conceptions et des méthodes de l’histoire, et l’histoire contemporaine. Il est membre de la commission scientifique du Comité « Mémoire et Démocratie » du Parlement wallon, et président du Conseil de la Transmission de la mémoire, installé par décret du 13 mars 2009 de la Communauté française de Belgique (Wallonie-Bruxelles).

 

 

Nathalie Tousignant

Mail : nathalie.tousignant[at]usaintlouis.be

Centre de recherches en histoire du droit et des institutions

 

Nathalie Tousignant est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Saint-Louis – Bruxelles où elle est également rattachée à l’Institut des études européennes. Un premier axe de ses recherches tente d’analyser les modalités de construction et d’expression de l’identité européenne au travers des discours institutionnels. Un deuxième axe s’insère dans le champ des postcolonial studies et analyse prioritairement les rapports entre la Belgique et son ancienne colonie, la République démocratique du Congo. Elle est aussi membre de l’Institut d’études européennes de l’UCL et responsable de l’aspect « histoire coloniale » au sein du PAI VII-Justice&Population (BeJust 2.0).

 

Patricia Van Schuylenbergh

Mail : patricia.vanschuylenbergh[at]uclouvain.be

Musée royal de l'Afrique centrale

Centre d'étude d'histoire de l'Europe contemporaine

 

Docteur en Philosophie et Lettres, Patricia Van Schuylenbergh est Chef du service « Histoire et Politique » au Musée royal de l’Afrique centrale et Vice-présidente du Centre d’Etude d’Histoire de l’Europe Contemporaine (CEHEC) à l’UCL. Professeur à l’Université catholique de Louvain, ses activités de recherche scientifique sont relatives à l'histoire africaine aux 19e et 20e siècles et à la valorisation de leurs sources (publications, colloques, direction de projets de recherche).

 

 

 


Descriptif des trois doctorants

Vincent Genin

Mail : v.genin[at]ulg.ac.be

 

Boursier de doctorat à l’Université de Liège (octobre 2013), il est titulaire d’un Master en histoire, à finalité approfondie, et a défendu un mémoire intitulé L’ambassade de Belgique à Paris à l’époque de Marcel-Henri Jaspar (1959-1966). Consacrant ses recherches à l’histoire des relations internationales (19-20ème s.), du droit international et à l’évolution du genre biographique, il est l’auteur d’une dizaine d’articles (cfr. ORBI). Membre de l’Institut Historique Belge de Rome, il prépare à l’Université de Liège (dir. Prof. Philippe Raxhon), une thèse de doctorat intitulée Vécu et mémoire de guerre des juristes belges en matière de droit international au contact de la Guerre de 14-18. L’objectif de cette thèse, inscrite dans le cadre du projet interuniversitaire « Commémorer 14-18 », est l’étude de l’évolution de ce milieu de juristes, de ses pratiques, de ses réseaux et de son influence (1873-1950), au contact de 14-18.

 




Juliette Lafosse

Mail : jlafosse[at]ulb.ac.be 

 

Diplômée d’un bachelier en sciences politiques et de masters en philosophie, en éthique et en études européennes à l’Université Libre de Bruxelles, Juliette effectue une thèse de doctorat en philosophie des relations internationales dans cette même université sous la direction du Professeur Thomas Berns. Son ambition est d’analyser l’évolution philosophique des doctrines de droit international à partir de l’influence sur celles-ci des théoriciens belges actifs durant et autour de la Première guerre mondiale. Son objectif est d’étudier les écrits et propos de juristes belges (Ernest Nys, Charles de Visscher, Gustave Rolin-Jaequemyns) et de mesurer leur impact. Il s’agit pour elle de conceptualiser les transformations que revendiquent ces juristes, de mesurer ce qu’ils incarnent et de contextualiser leur influence grâce aux outils de la philosophie du conflit et de la philosophie du droit. Concrètement, il s’agit d’interroger cet héritage en le mettant en lien avec ses conséquences conceptuelles.


 

 

Enika Ngongo

Mail : enika.ngongo[at]usaintlouis.be 

 

Diplômée en Histoire contemporaine à l’Université catholique de Louvain, Enika prépare une thèse de doctorat centrée sur la Première Guerre mondiale au Congo belge sous la direction des Professeurs Nathalie Tousignant et Patricia Van Schuylenbergh, à l’Université Saint-Louis — Bruxelles. Plutôt qu’une histoire de fait militaire ou une histoire des relations internationales – études qui ont fait l’objet d’une attention accrue des historiens depuis plusieurs années – elle cherche à aborder ces thématiques à travers deux dimensions complémentaires : celle de l’administration coloniale belge et celle des sociétés congolaises impliquées dans le conflit pour terminer, en guise de débouché, par poser la question de l’incarnation, ou non, des mutations subies dans la société coloniale belge au sein de la construction même du droit international. 


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